In memoriam : professeur Ian Kerr (1965-2019)

Publié le vendredi 30 août 2019

Billet de blogue

Le 27 août 2019, notre très cher collègue et ami, Ian Kerr, s’est éteint à la suite de complications dues à un cancer. Il n’avait que 54 ans.

Ian s’est joint à la Section de common law en 2000. Il a été un pédagogue hors pair, immensément doué, un chercheur de calibre international et un membre du corps professoral dévoué. Il a certainement donné plus qu’il n’a reçu à notre faculté. Il était profondément engagé et dévoué envers ses étudiants et collègues et cette loyauté lui a été rendue. Fort de ses nombreuses recherches de grande envergure dans le domaine du droit et de la technologie, Ian a su saisir de nombreuses occasions déterminantes, il notamment dirigé un projet de recherche intitulé « La quête de l’identité » qui a bénéficié d’une subvention de partenariat de plusieurs millions de la part du CRSH. En 2009, le collègue et ami de Ian, le professeur Michael Geist écrivait : « mon collègue Ian Kerr a dirigé un projet remarquable axé sur l’anonymat, la protection de la vie privée et l’identité dans une société interconnectée. Ce projet, soit l’un de ceux ayant reçu l’une des plus importantes subventions dans l’histoire du CRSH, a rassemblé des dizaines d’experts de l’ensemble du Canada et du monde entier et a abouti à une profusion exceptionnelle de livres, d’articles, de conférences, d’articles de blogues, tous fruits d’une énergie intellectuelle sans précédent. » 

Le dévouement de Ian pour ses étudiants était légendaire. Sur son blogue, il a écrit que « [l’]aspect le plus réjouissant et probablement le plus gratifiant de mon travail est de collaborer avec des étudiants aussi talentueux ». Pour bon nombre d’étudiants, la partie la plus exaltante de leur expérience à la faculté de droit a été de faire partie de l’équipe de Ian Kerr. Travailler avec Ian n’était pas simplement un projet, ou un travail ou une expérience universitaire, cela finissait par devenir une relation pour la vie avec Ian et d’autres membres de son équipe. Ian était extrêmement fier de continuer à agir comme mentor auprès de ses anciens étudiants devenus depuis lors ses amis et collègues. Cela ressort clairement de son blogue.

Ian était profondément engagé envers notre faculté. Il n’hésitait pas à se porter bénévole pour d’importants services tant au sein de la faculté que de l’université en raison de son profond engagement envers la Section de common law, et l’Université d’Ottawa et ce, parce qu’il s’efforçait de bâtir la meilleure faculté de droit possible. Il a donné le maximum pour appuyer ses étudiants, ses collègues et l’Université. Aussi récemment qu’en juin 2019, alors que Ian était en plein traitement de son cancer et ne pouvait plus venir à la faculté, l’Université avait organisé un grand événement en vue de solliciter un donateur potentiel pour un projet sur l’IA et l’éthique et demandé à cet effet aux membres de notre Groupe de droit et technologie de participer à cette présentation d’une journée. J’avais également été prié d’y participer en tant que doyen. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que Ian avait trouvé la force de venir non seulement pour y assister toute la journée, mais pour livrer en outre un exposé de clôture percutant d’une heure entière, démontrant ainsi son appui au travail de ses collègues et sa vision pour l’avenir de son domaine et de la faculté de droit.  

Ian adorait enseigner, qu’il s’agisse du cours de première année en Contrats, du droit de la robotique ou du cours Techno-Rico qu’il avait conçu et enseigné à l’Université de Porto Rico. Lors de la récidive de son cancer au printemps 2019, Ian m’a annoncé qu’il entamait ses traitements et ne serait sans doute pas disponible pendant le trimestre d’automne mais qu’il reviendrait enseigner la seconde partie du cours de contrats au trimestre d’hiver 2020. Lors de notre dernière conversation à son chevet à l’hôpital, Ian m’a annoncé qu’il ne pensait finalement pas pouvoir enseigner au trimestre d’hiver 2020 et que la faculté devrait prévoir une solution de rechange. Cela en dit long au sujet de Ian : face à sa propre mortalité, il pensait d’abord et avant tout aux autres : sa famille, ses anciens étudiants, ses collègues, sa faculté de droit et ses futurs étudiants.

Ian était une sommité dans son domaine. Il était un visionnaire en matière d’IA et d’éthique, et s’interrogeait sur les répercussions des véhicules autonomes avant même qu’ils n’aient un nom. Il a été un professeur profondément engagé vis-à-vis de ses étudiants. En tant que chercheur, il a reçu l’appui de ses collègues, lesquels n’ont jamais hésité à lui offrir leur mentorat ni à défendre haut et fort l’importance de ses travaux. Mais avant tout, il était notre ami et il va terriblement nous manquer.

Haut de page