Releasing Stigma: Police, Journalists and Crimes of HIV Non-Disclosure

2015
Volume 46, no 1
Kyle Kirkup

Télécharger l'article

Résumé

En 2010, un homosexuel de 29 ans, résidant à Ottawa, qui venait d’apprendre qu’il était séropositif, a été arrêté et accusé d’un certain nombre d’infractions criminelles, notamment d’agression sexuelle grave et, par la suite, de tentative de meurtre. Deux jours après son arrestation, le Service de police d’Ottawa publiait sa photo, ainsi que son nom, les détails de ses relations sexuelles et des renseignements personnels concernant sa santé. En se servant de cette série d’événements à titre d’étude de cas, l’auteur de ce texte examine les questions complexes soulevées par le fait que les services de police diffusent des communiqués de presse concernant des causes relatives à la non-divulgation de la séropositivité, causes que des journalistes relatent par la suite au public. Bien que, dernièrement, les recherches juridiques se soient presque exclusivement concentrées sur le fait que la nondivulgation de la séropositivité devrait être traitée comme une question de droit criminel ou de santé publique, ce texte apporte une contribution originale en se servant du monde complexe des pratiques policières et de la déontologie journalistique pour faire valoir trois revendications centrales. En premier lieu, il soutient que le fait de relater des situations impliquant des cas de séropositivité /SIDA dans leur contexte socio-politico-historique élargi démontre que la police et les journalistes ont contribué au projet de stigmatisation de la condition elle-même, et de ceux et celles qui la vivent, depuis l’émergence de l’épidémie. En second lieu, le texte établit un lien conceptuel entre la manière dont la cause d’Ottawa a été communiquée au public en 2010 et les habituels préjugés de promiscuité, de déviance et de pathologie qui sont devenus synonymes du discours entourant la sexualité gaie au début des années 1980. En troisième lieu, le texte se penche sur l’analyse des réformes juridiques, notamment en réclamant que l’on élargisse les conditions d’admissibilité des ordonnances de nonpublication. En dernier lieu, le texte conclut en soutenant que le fait d’imposer des obligations éthiques aux policiers et aux journalistes pourrait constituer un outil plus efficace pour faire évoluer les manières de relater les histoires relatives à la non-divulgation de la séropositivité.

Haut de page