Assisted Suicide and the Notion of Autonomy

1995
Volume 27, no 1
Gordon DuVal

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Résumé

Les personnes qui sont en faveur de la prohibition criminelle de l'euthanasie et du suicide assisté invoquent plusieurs arguments, dont la menace que la d~criminalisation présenterait pour les personnes vulnérables (l'argument du doigt dans l'engrenage), le caractère sacré de la vie, l'affirmation du rôle que devrait jouerle médecin dans le cadre de la relation médecin/patient ou l'anomalie que l'on semble crier en légalisant le suicide et le refus de recevoir un traitement essentiel à la vie. On avance un autre type d'argument qui est axé sur les limites de l'autonomie décisionnelle de la personne qui a des intentions suicidaires.

Certaines personnes prétendent que la prohibition criminelle du suicide assisté est justifiée en raison des doutes que l'on peut entretenir quant à la faculté de comprendre de la personne suicidaire, au fait qu'elle soit libre de toutes contraintes et à sa capacité d'évaluer sa situation defaVon rationnelle. Bien que le droit criminel ne règle pas de manière adéquate la question du suicide, la participation d'une tierce personne qui en aide une autre à se suicider fait à juste titre l'objet d'une sanction criminelle. On peut concevoir qu'une personne qui envisage de se suicider prenne cette décision de façon tout à fait autonome et ait aussi besoin d'aide. Cependant, les difficultés inhérentes à la determination de la question de savoir si une décision de suicide est prise de façon suffisamment autonome, ainsi que les conséquences graves et irrévocables de cette décision, justifient une interdiction générale des actes qui encouragent le suicide d'une autre personne. En décriminalisant l'aide au suicide, on risque de laisser les personnes suicidaires à leur propre capacité de disposer librement d'elles-mêmes, qui pourrait bien être inadéquate, à un moment où elles sont particulièrement vulnérables, et de provoquer ainsi des erreurs tragiques et irréparables.

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